Delta Green


L'héritage Greenberg - Feu de joie [19/11/11]

 
Adieu 2009, bonjour 2010 : nous sommes le 5 Janvier, nos quatre agents prennent leurs fonctions au Bureau Régional du FBI, Nouvelle-Orléans, Louisiane. L'accueil, dans cette ambiance moite et encore chaude, est assuré dans le hall central de l'aéroport par deux de leurs collègues - non pas du FBI mais de l'ATF, détachés auprès du Bureau - à savoir les agents Dennis Clarks et Wayne Fitalecci. Curieux échange, entre tenues sobres et uniformes du FBI et habits plus chamarrés et "couleur locale" de l'ATF.

Première préoccupation essentielle : trouver de quoi se loger et se déplacer... Le projet de colocation de l'Agent Scott est rapidement balayé de la main, ce sera chacun pour soi !
- Pour l'Agent Scott, un duplex rénové, dans la proximité du célébrissime Quartier Français. La présence de certains individus que l'on pourrait qualifier d'"interlopes" n'y est peut-être pas pour rien.
- Pour l'Agent Arneson, un appartement plus au calme, en plus d'un deux roues pour circuler sans heurts en ville.
- Pour l'Agent Johnson, direction la banlieue pavillonnaire... avec ses éternelles files de voitures au petit matin comme au soir.
- Enfin, pour l'Agent Sand, une chambre de motel, suffisamment cosy pour s'y sentir chez soi.

Deuxième préoccupation : prendre ses marques au sein du Bureau, ensemble de quelques étages dans un bâtiment anonyme de la Nouvelles-Orléans. Le contact semble d'ores et déjà tendu, avec les extrêmes que représentent le rigoriste ASC (Agent Spécial en Charge) Marcus Questor et le très (trop ?) décontracté Dennis Clarks. Cependant, le travail ne saurait attendre et une première enquête est confiée à la cellule Crime Organisé-Crimes Violents : déterminer les causes et éventuels mobiles d'un incendie ayant eu lieu la veille, dans la Zone Rouge - le ghetto du centre ville - d'origine manifestement criminelle. Pour cause... Deux dalles de béton fondues, cela attire bien des suspicions de la part des autorités.

Cette toute première enquête n'est pas déclencher des hostilités : à peine les pompiers et policiers partis de la scène de crime, les "propriétaires" des lieux, à savoir le gang des Algiers Crips, se feront un plaisir de canarder d'objets divers, puis de plomb, les agents fédéraux restés pour enquêter sur place. Bilan : un agent blessé, une voiture perdue... Il y a des jours, comme ça...

Pendant que Scott est menée à l'hôpital, pour sa blessure heureusement sans gravité, le restant de l'équipe FBI/ATF prépare son rapport et rassemble les premiers éléments d'enquête :
- Absence de victimes, le bâtiment était vide au moment de l'incendie.
- Le bâtiment servait de QG aux Algiers Crips, gang habitué à différents trafics (armes, drogues, prostitution).
- Le combustible utilisé pour provoquer l'incendie a dégagé une chaleur particulièrement intense : 2500°. Peu de substances permettent un tel dégagement, les relevés confirment son identification : de l'alcool de méthane, autant dire un carburant normalement réservé à la NASA et à l'armée, pour la propulsion de fusées et missiles lourds.

L'accent est tout de suite mis sur la provenance de ce carburant spécial - l'équipe multiplie les coups de téléphones puis les visites, tout d'abord auprès de la proche garnison de la Garde Nationale, dotée de missiles, puis de la société Green Earth, employée par l'armée pour la récupération et le recyclage du méthanol. Pendant que la journée s'achève pour nos enquêteurs, l'Agent Scott aura l'occasion de faire une rencontre bien singulière dans sa chambre d'hôpital, avec un voisin qu'elle identifiera plus tard à l'aide d'une photo comme étant un certain Lawrence Mildberger, lui aussi agent du FBI. On pourrait croire à une hallucination, comme on pourrait croire à... autre chose.

L'enquête sur le carburant aboutit, peu à peu, à un paradoxe : s'il est possible de démêler tout un écheveau, à savoir que la société Green Earth appartient au même trust qui possède Pelican Earth, la société propriétaire du bâtiment incendié, toutes deux supervisées par Petrochem, la personne qui est alors au cœur du système paraît inattaquable. A savoir... Adam Greenberg Senior, père du sénateur décédé, véritable magnat local, bonne âme de la Nouvelle-Orléans.

Pour pallier à cette impasse, l'équipe se divise et tente de se répartir les nouvelles pistes :
- Johnson se rend à la prison du comté, où ont été enfermés les membres d'un gang rival des Algiers Crips, les Sœurs de Marie, accusés par la police d'avoir causé l'incendie. En tête à tête avec le chef des Sœurs, Johnson apprend que les Crips sont étonnamment bien armés et équipés pour un simple gang de rue... et qu'ils joueraient en contre-partie les gros bras pour Petrochem. Hélas, aucune preuve concrète de tout cela.
- Fitalecci et Scott, bientôt rejoints par Johnson, apprendront ensuite la vérité quant à l'Agent Mildberger de la bouche de l'ASC Questor, après que l'Agent Clarks ait refusé de divulguer quoi que ce soit et claqué la porte. Mildberger n'était autre que l'ASC en place, avant son remplacement par Questor, habitué aux enquêtes de terrain malgré une formation pointue de profiler. Cependant, sa dernière enquêté, six mois plus tôt, lui a grandement coûté : Mildberger a purement et simplement disparu, deux semaines durant, sans laisser de traces... jusqu'à être retrouvé quasi nu (ses lambeaux de vêtements imprégnés d'une sorte de pétrole), torturé, scarifié, dans un piteux état, dans un bayou. Impossible de communiquer avec lui : le diagnostic révèlera une forme de catatonie, dont Milberger semble incapable de sortir, alité depuis ce jour dans une chambre d'hôpital psychiatrique, mourant à petit feu. Pourtant, visitant ce dernier, Scott n'a pas l'ombre d'un doute : c'est bien cet homme, et pas un autre, qu'elle a vu lors de sa propre hospitalisation. Scott attend, depuis, le transfert du dossier Mildberger, quant à cette fameuse dernière enquête...
- Reste que, pour rendre service au secrétariat du Bureau, empêtré avec un énergumène des plus nerveux, Scott et Johnson acceptent de prendre la plainte de ce M. Babbit, vidéaste amateur, habitué à se promener caméra à la main dans la Nouvelle-Orléans, qui prétend avoir filmé le bâtiment au moment de l'incendie, avec une voiture suspecte dans le champ de sa caméra. Seulement, la carte-mémoire de la caméra serait actuellement en possession d'un inspecteur de la police de la Nouvelle-Orléans, Leland Garfield, qui aurait refusé de la restituer. Appelé, l'intéressé nie tout en bloc, accusant Babbit de n'être qu'un énième mythomane en mal d'attention.

Faute de preuves concrètes, et peut-être un peu désemparée, l'équipe se permet quelques pistes plus hasardeuses :
- Une sorte de projection mentale, à l'aide de LSD, pour Scott, dans l'espoir de "toucher" l'esprit de Mildberger... avec un étrange succès à la clé, ainsi qu'une étonnante forme le lendemain, en dépit de la drogue.
- Un voyage nocturne dans le bayou, pour Johnson, Sand, Fitalecci et Anerson, afin de joindre et interroger la personne ayant retrouvé Mildberger. Malheureusement, partis avec précipitation, les quatre apprentis navigateurs réussissent à se perdre de plus en plus dans le lacis des bayous, avec deux rudes échecs. Mais apercevant des lumières au lointain, ils parviennent vaille que vaille à nouer contact et communiquer avec... les autochtones, à savoir de rudes Cajuns appréciant peu la venue d'étrangers, si tard, au besoin en leur faisant passer le message fusil braqué. 50 dollars et le "don" de leur embarcation suffiront à calmer les esprits, heureusement. Voilà qui vaudra quatre visages fatigués et mal rasés, le lendemain, au rapport...

Babbit refait surface, lors de cette journée, en début de soirée... mais avec le crâne perforé d'une balle de .45, le regard terrorisé, des cheveux blanchis. Cependant, cela semble presque sans grande importance, comparé au corps de sa femme, brisé, torturé, poignardé de 42 coups de couteau - la mâchoire totalement déboîtée, le gosier gonflé de pop-corn et de dents brisées. Dans le bureau de Babbit, son matériel vidéo, des plus complets - mais surtout une impressionnante quantité de vidéos montées et répertoriées, dont un rayon "bavures policières".

C'est alors qu'il tente, pour la énième fois, de relancer l'inspecteur Garfield pour attendre de ses nouvelles quant à la mémoire vidéo disparue que l'Agent Johnson parvient à le joindre - mais très brièvement. D'une voix haletante, peut-être même craintive, Garfield lance, avant de raccrocher : "Venez vite me chercher !".

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L'héritage Greenberg - Coeur de ténèbres [28/01/12]

 

Le coup de téléphone, toute dernière scène de la partie précédente, laissait craindre le pire - à raison. Garfield n'est plus qu'un corps suspendu au ventilateur de son appartement, par des organes noués aux pales, une seringue plantée dans le corps. S'il s'avère que l'Agent Johnson parvient à étudier la scène de crime encore fraîche d'un regard imperturbable, sans ciller, il n'en est pas de même de l'Agent Arneson, profondément choqué... et trahi par son intelligence, qui lui permet d'imaginer chaque tourment de la victime. Mais au-delà du morbide, l'analyse de la pièce révèlera des pièces essentielles au dossier : la carte SD "empruntée" à Babbit ainsi que de multiples sachets d'héroïne, le tout dissimulé sous le parquet - un petit secret bien gardé par Garfield, accro de longue date.

En bas de la résidence, les choses ne sont guère plus calmes : aucune trace des deux policiers en tenue envoyés pour surveiller les lieux... jusqu'à de multiples détonations, provenant d'un jardin d'enfants. Une première, puis huit autres, espacées. L'Agent Sand décide de rester sur place, auprès du véhicule des policiers, tandis que Scott et Fitalleci se rapprochent des coups de feu. Le jardin d'enfants se vide, pour laisser apparaître un policier, les vêtements ensanglantés, l'arme à la main... arme qu'il braque aussitôt sur Fitalleci, ouvrant le feu, hurlant "Suspect en vue !" à pleins poumons. Les deux agents n'ont d'autre choix que de l'abattre, avant de trouver le corps du deuxième policier, criblé de balles, manifestement abattu par son partenaire. Chez les deux hommes, le même regard, blanc, vide, comme fantomatique. Et Fitalleci de faire les poches du premier corps... pour un butin de 3$. Mais nulle trace apparente de l'assassin de Garfield - hormis une série d'empreintes, relevées par Arneson, de nouveau sur pied.

Réunion de l'ensemble de l'équipe auprès des bureaux du FBI, peu après :
- Grâce à "l'expertise" de Scott, il est bel et bien établi que la substance saisie sur les lieux du crime (sachets comme seringue) est de l'héroïne.
- La carte SD (qui reste non visionnée !) correspond bien à celle prise à Babbit.
- Mais surtout, une fois passées à l'ordinateur, les empreintes permettent de mettre sur le doigt sur un certain Brett Kronsky, multirécidiviste de longue date, connu pour ses actes violents. Dernier lieu de résidence connu : une ferme perdue dans les bayous, près de la petite bourgade de Fayette.

Le nom fera tiquer Scott, un moment, avant de mettre la main sur la solution : n'est-ce pas le lieu même où avait été retrouvé Mildberger ?

Sans attendre, sans renforts, l'équipe prend la décision de se rendre aussitôt sur Fayette pour mettre la main sur Kronsky... ainsi que sur un nouveau hoverboard, le dernier ayant officiellement "disparu dans la nature". La malchance chronique du pilote/navigateur d'eau douce, Fitalleci, fera perdre quelques heures ainsi que de nombreux dollars, puisqu'il faudra se résoudre à réclamer de l'aide (rémunérée) aux autochtones cajuns... qui refusent par ailleurs d'approcher de près de la ferme Kronsky. Une réputation manifestement bien établie, de longue date.

Débarqués de l'hoverboard, l'équipe s'approche silencieusement du corps de ferme, se divise en deux groupes. A la discrétion totale du binôme Johnson/Arnerson succédera le splendide fracas de Fitalleci, qui trouve le moyen de briser une vitre par erreur. Cependant, personne pour réagir à ce brouhaha... Pas même la forme assise dans un rocking-chair, rien de moins que Ma' Kronsky, morte et quasiment momifiée de longue date. La perquisition de la ferme sordide sera courte et presque inutile : aucune preuve véritablement utile. Seul un fusil trouvera grâce, auprès de l'Agent Arneson.

C'est l'exploration, par Sand et Johnson, de la grange toute proche qui s'avèrera beaucoup plus utile : en effet, dans l'une des stalles vides, le sol sonne creux... et révèle l'entrée d'un souterrain. A explorer petit à petit les couloirs creusés sous la ferme, l'équipe trouvera d'abord le générateur alimentant les installations en électricité ; générateur qui sera coupé, après que l'entrée ait été bloquée, pour tenter de provoquer une réaction des Kronsky. La dite-réaction ne tardera pas : Fitalleci perd son calme, suivi d'un Sand énervé par cette attitude... et un coup part sur une ombre se détachant dans les ténèbres avant de prendre la fuite - il y a effectivement quelqu'un d'autre dans les souterrains !

Les couloirs forment bientôt une boucle, s'achevant sur une salle creusée de huit fosses aux parois bétonnées, fosses manifestement destinées à l'emprisonnement, d'après les fixations et poulies installées. Sur les murs de la salle ? D'étranges inscriptions - qui laisseront Arneson sans réponse, inscriptions aussitôt photographiées.

Reste une étrangeté : où est donc passé "l'ombre" ? Comment cette personne a bien pu disparaître, alors que les couloirs se rejoignent ? La réponse nécessitera quelques recherches : un pan de mur semble pouvoir s'ouvrir, formant un passage secret. Seulement, l'entrée est gardée, les coups de feu s'échangent aussitôt ! Arneson et Fitalleci lancent ensemble des grenades flash-bang qui aveuglent leur agresseur... mais aussi Scott, qui a manqué de temps pour se mettre à couvert et crie de douleur, les yeux en feu. L'homme armé n'a aucune chance, paralysé sur place : il est froidement abattu, laissant l'équipe explorer ce nouveau tunnel, qui mène à une vaste salle. Ici ? D'étranges statues, aux formes maladives, impossibles, qui ne devraient pas être. Et toujours ces étranges inscriptions, gravées sur la roche. Plus loin ? Une table sacrificielle, marquée de sang séché. Pour Arneson, un lien semble se tisser avec des pratiques païennes saxonnes... Serait-ce le maillon qui manquait jusque-là avec l'Eglise de Fenrir ?

Mais l'exploration doit s'achever, avec une nouvelle salle, où sont stockés plusieurs barils - voilà donc le mystère résolu pour le liquide incendiaire. Sauf que... l'un des Kronsky n'a pas de meilleure idée que de jeter un molotov, pour provoquer un feu de joie immédiat ! L'enfer se déchaîne, panique totale, chacun s'enfuit comme il peut.

Et c'est dans ce chaos qu'il faudra lutter contre les Kronsky survivants :
- Fitalleci, tailladé au rasoir, parviendra tant bien que mal à loger une balle et éliminer la fille Kronsky - qui le maudira dans un dernier gargouillis.
- Scott, mise au sol, devra échapper aux coups de feu puis de crosse de Pa' Kronsky, blessée à la main, avant de reprendre le dessus de justesse.
- Enfin, Arneson devra lutter - non pas avec son arme mais avec son esprit - pour rompre l'étrange influence de Brett Kronsky... et l'éliminer d'une balle entre les yeux, au moment où ce dernier s'apprêtait à l'étrangler, par son seul mental.

Tout n'est que fumée, poussière - et fuite en avant. Une soudaine explosion, alors que tout le carburant s'enflamme, réduit la ferme en miettes - l'équipe git au sol, hagarde. Parmi les flammes, une toute dernière silhouette, l'arme à la main. Cette silhouette, unique Kronsky encore vivant, de pointer son fusil d'assaut sur le visage d'Arneson, d'appuyer sur la gâchette... avant d'être interrompu, in extremis, par une apparition fugace de... Milberger ! Apparition qui n'est bientôt plus qu'une ombre... Une ombre vite disparue...

Il est temps de souffler, de retrouver un lieu autrement plus civilisé. C'est justement au moment de repartir prendre place à bord de l'hoverboard que Fitalleci bute sur un album photo à moitié rongé par les flammes.

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